Le Nouvel An chinois au Japon
Le Nouvel An chinois au Japon

Le Nouvel An chinois au Japon

Le Japon célèbre officiellement le Nouvel An selon le calendrier grégorien, à partir du 1er janvier, à travers une multitude de rituels destinés à accueillir la divinité de la nouvelle année. Pourtant, le calendrier lunaire et l’astrologie chinoise ne sont jamais bien loin : chaque année, le signe du zodiaque chinois s’affiche dans les temples, sur les amulettes, les calendriers, et jusque dans les vitrines des boutiques de souvenirs. Si le Nouvel An chinois n’est pas férié au Japon, il reste bien visible dans certains lieux. La présence ancienne de communautés chinoises, notamment dans de grands ports ouverts sur l’étranger dès l’époque d’Edo, a permis à cette fête de s’implanter durablement dans quelques quartiers emblématiques. Lanternes rouges, danses du lion, défilés et spécialités culinaires transforment alors ces rues en véritables scènes festives. Aujourd’hui, je vous emmène vivre le Nouvel An chinois au Japon !

Le Nouvel An chinois

Aussi appelée « fête du printemps », le Nouvel An chinois marque le passage à une nouvelle année selon le calendrier lunaire. Cette fête remonte à plusieurs millénaires. Son origine exacte reste floue, mais une légende revient souvent : celle du Nian, une créature redoutée qui, selon la tradition, surgissait chaque veille de Nouvel An pour ravager les villages et les récoltes. Pour lui échapper, les habitants auraient d’abord fui, jusqu’au jour où ils découvrirent que le monstre craignait plusieurs choses : la couleur rouge, la lumière et les bruits violents. On accrocha alors des papiers rouges aux portes, on alluma des lanternes, on fit éclater des bambous – ancêtres des pétards -, et on frappa des tambours pour le tenir à distance. Depuis, le rouge domine les célébrations, les pétards claquent dans la nuit, et les percussions accompagnent l’entrée dans la nouvelle année. Derrière le folklore, l’idée reste la même : éloigner les influences néfastes et accueillir le renouveau sous de bons auspices.

Le calendrier sur lequel repose cette fête est le calendrier luni-solaire. La nouvelle année commence à la deuxième nouvelle lune après le solstice d’hiver, soit entre le 21 janvier et le 20 février. Les célébrations s’étendent ensuite sur 15 jours, jusqu’à la fête des lanternes. En 2026, il débute le mardi 17 février.

  • Nouvel An chinois 2026 : du 17 février au 3 mars 2026.
  • Nouvel An chinois 2027 : du 6 au 20 février 2027.
  • Nouvel An chinois 2028 : du 26 janvier au 9 février 2028.

Au Japon, ce calendrier ne fixe plus le début officiel de l’année. Jusqu’au début de l’ère Meiji (1868-1912), le pays utilisait lui aussi un calendrier luni-solaire. En 1873, il adopte le calendrier grégorien occidental et déplace l’essentiel des rituels du Nouvel An au 1er janvier. Beaucoup de pratiques liées à l’ancien calendrier disparaissent alors. Pourtant, le zodiaque chinois reste très présent. Chaque année est associée à un animal et à un élément. En 2026, l’année du Serpent laisse place à celle du Cheval de Feu. Au Japon, le changement d’animal est célébré dès le 1er janvier. L’animal de l’année apparaît partout : dans les temples, sur les amulettes, les plaquettes ema, les cartes de vœux, ou encore les objets décoratifs. Certains sanctuaires associés symboliquement à cet animal attirent davantage de visiteurs pour l’occasion.

Si le Nouvel An lunaire n’est plus un jour férié national au Japon, il continue de vivre intensément dans les quartiers chinois du pays. C’est là que l’on retrouve les grands codes hérités de la tradition : décorations rouges, pétards, danses du lion et du dragon, percussions puissantes, spectacles acrobatiques… Ailleurs, la fête peut aussi se vivre de manière plus intime, entre proches, autour d’un repas partagé. Comme souvent, ce n’est pas seulement le calendrier qui fait la fête, mais les personnes qui la portent.

Où profiter du Nouvel An chinois au Japon ?

Forcément, c’est dans les grands quartiers chinois du Japon que le Nouvel An lunaire se vit le plus intensément. Il existe bien quelques initiatives ailleurs, mais elles restent plus discrètes. Pendant cette période, ce sont surtout les 3 grands Chinatowns du pays qui concentrent la ferveur, les décors et les célébrations les plus marquantes :

  • Yokohama Chukagai (préfecture de Kanagawa)
    C’est le plus grand quartier chinois du Japon, et également le plus important en dehors de la Chine. Chaque année, la fête du printemps Shunsetsu s’y déploie sur plus de deux semaines. Cest le plus ancien des festivals de Nouvel An chinois au Japon, organisé depuis les années 1980. En 2026, il se tient du 17 février au 3 mars. Pendant cette période, le quartier vit presque en continu au rythme du Nouvel An lunaire. Les rues se couvrent de lanternes rouges, de grandes décorations apparaissent aux entrées des axes principaux, et les sons de percussions accompagnent les danses du lion et du dragon. Certaines animations dépassent même le périmètre du quartier, avec des lanternes du zodiaque installées dans plusieurs lieux emblématiques de la ville de Yokohama. L’entrée dans la nouvelle année lunaire est marquée par un compte à rebours à minuit, suivi de défilés et de performances dans les jours qui suivent. Très fréquenté, parfois bondé, le quartier chinois de Yokohama reste néanmoins un lieu où l’on ressent clairement l’ampleur du Nouvel An chinois au Japon.
  • Nankinmachi (préfecture de Hyogo)
    Dans la ville de Kobe, le quartier chinois de Nankinmachi propose une célébration plus concentrée, mais très vivante. Cette année, le Nankinmachi Shunsetsu-sai a lieu le 17 février, puis du 21 au 23 février 2026. Les festivités se déroulent principalement dans la rue centrale et sur la place du quartier. Spectacles traditionnels chinois, démonstrations d’arts martiaux et danses du lion et du dragon s’enchaînent. Le bian lian, l’art du changement de masque, fait partie des temps forts les plus attendus. À la tombée de la nuit, lanternes et guirlandes rouges éclairent Nankinmachi, tandis que les restaurants proposent des plats spécifiques pour l’occasion. L’ambiance est conviviale et, comme tout est concentré dans un espace réduit, on se retrouve très vite au cœur des spectacles.
  • Shinchi Chukagai (préfecture de Nagasaki)
    Nagasaki abrite l’un des plus anciens quartiers chinois du Japon, héritier de l’époque où la ville était la principale porte d’entrée du commerce avec la Chine. Le festival des lanternes est prévu cette année du 6 au 23 février 2026. Pendant près de 3 semaines, des milliers de lanternes chinoises illuminent le centre-ville, bien au-delà du seul quartier chinois. L’ambiance est ici plus contemplative, surtout à la nuit tombée, lorsque la ville se pare de teintes rouges et dorées. On peut assister à des processions, des spectacles traditionnels, des cérémonies liées aux divinités chinoises et des animations culturelles.
  • Tokyo Tower (Tokyo)
    En dehors des 3 grands quartiers chinois qui sont en effervescence, Tokyo célèbre aussi à sa manière le Nouvel An chinois. La Tokyo Tower s’illumine en rouge autour de cette période, couleur associée à la chance et à la prospérité dans la tradition chinoise.

Les saisons japonaises se succèdent au rythme de nombreuses fêtes et célébrations, reflets d’un calendrier où les traditions continuent de façonner le quotidien. Le Nouvel An chinois trouve ainsi sa place dans le paysage japonais, porté par l’histoire et la présence de communautés chinoises installées de longue date. J’espère que cet article vous aura permis permis d’en apprendre plus sur la manière dont ce Nouvel An chinois est célébré au Japon. Pour prolonger la découverte des fêtes saisonnières japonaises en cette période, n’hésitez pas à lire mes autres articles sur la Saint-Valentin au Japon, ou sur Hina Matsuri, la fête des petites filles.

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