Si Fukushima est un nom qui évoque immédiatement la triple catastrophe de 2011, c’est avant tout le nom d’une ville et même d’une préfecture japonaise, la troisième plus grande du pays. C’est une région qui regorge de trésors à découvrir, notamment dans sa partie montagneuse, avec par exemple l’ancienne ville féodale d’Aizu-Wakamatsu, ou encore le charmant village caché d’Ouchi-juku.

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Aizu-Wakamatsu en automne.
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Le village d’Ouchi-juku en hiver.

Aujourd’hui, je vous propose une balade dans la région côtière de la préfecture de Fukushima : la partie la plus touchée par la catastrophe, qui revit peu à peu et tente de transmettre une image plus positive. J’ai été invité durant 2 jours et 1 nuit par la préfecture de Fukushima pour découvrir cette partie de la région.

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Découverte de la zone côtière de la préfecture de Fukushima !

SOMA, L’ANCIEN FIEF SAMURAI

Si l’on connaît surtout Fukushima pour son histoire récente, c’est une région qui possède une longue histoire avec certaines traditions qui se perpétuent depuis plus d’un millénaire. C’est justement le cas du festival Soma Nomaoi, un grand événement qui réunit chaque année depuis plus de 1000 ans environ 400 guerriers (dont une bonne partie de descendants de familles de samurai) pour un défilé à cheval et des animations spectaculaires : des courses de chevaux et, en clou du spectacle, une bataille durant laquelle les cavaliers tentent de récupérer de grands drapeaux. Jusqu’en 2023, ce vigoureux festival avait lieu au mois de juillet, mais il a été déplacé au dernier week-end du mois de mai à partir de 2024. Le théâtre de toute cette animation, c’est le joli sanctuaire Soma Nakamura-jinja, qui peut se visiter tout au long de l’année, notamment réputé pour ses nombreux cerisiers en fleurs en avril. Il est situé au milieu des ruines de l’ancien château de Nakamura.

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Le sanctuaire Soma Nakamura-jinja.

LA BAIE DE MATSUKAWAURA

Juste à côté de Soma, on trouve la baie de Matsukawaura, un coin autrefois animé avec sa plage et son marché aux poissons, mais qui a malheureusement grandement souffert de la catastrophe de 2011. Aujourd’hui, les habitants tentent de revitaliser la région via une association de guides locaux proposant des animations aux visiteurs, comme par exemple des soirées barbecue à la bonne franquette : j’ai vraiment adoré cette expérience locale très touchante, et j’ai pu déguster de bons fruits de mer fraîchement pêchés, du calamar ou encore l’un des meilleurs fugu que j’aie goûté ! Cette expérience était possible en réservant une nuit à l’hôtel Minatoya, situé au niveau du port, avec une jolie vue sur la baie.

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La vue depuis la chambre de l’hôtel Minatoya à Matsukawaura.
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La bonne franquette à Matsukawaura !
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Une magnifique assiette de Fugu à déguster !

FUTABA ET NAMIE : LA RENAISSANCE DE FUKUSHIMA

Dans la zone toute proche de la tristement célèbre centrale de Fukushima Daiichi, le mémorial The Great East Japan Earthquake and Nuclear Disaster Memorial Museum a ouvert ses portes en septembre 2020 dans la ville de Futaba. La visite est poignante, l’objectif des lieux étant de transmettre aux générations futures les leçons tirées de la catastrophe de 2011. Des résidents touchés par les événements y donnent également des conférences 4 fois par jour.

The Great East Japan Earthquake and Nuclear Disaster Memorial Museum
The Great East Japan Earthquake and Nuclear Disaster Memorial Museum.

Pas loin du mémorial, on trouve les ruines de l’école primaire d’Ukedo, dans la ville de Namie. Transformée aujourd’hui en musée, cette école est célèbre pour n’avoir connu aucune victime parmi les 95 enseignants et élèves présents sur place le 11 mars 2011 lors de la catastrophe. Grâce à la réaction très rapide des professeurs qui ont immédiatement fait évacuer tout le monde dans les montagnes dès le lancement de l’alerte tsunami. Moins d’une heure après la première secousse sismique, l’école fut frappée par un tsunami. Aujourd’hui, les ruines de l’école témoignent de la violence de la catastrophe et de l’importance de ne pas sous-estimer la nature.

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L’école primaire d’Ukedo à Namie.
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On peut aujourd’hui visiter les ruines de l’école Ukedo.

LES DOUCEURS DE FUKUSHIMA

Si la préfecture de Fukushima est célèbre pour ses pêches, ses pommes, ou encore des mets locaux tels que les Kitakata Ramen ou les Negi Soba, j’ai pu découvrir les spécialités de la partie côtière de la région. Ainsi, j’ai goûté les nouilles Yakisoba de Namie et le nihonshu de la brasserie Suzuki Shuzo à l’aire de repos Michi no Eki Namie. Là-bas, on trouve d’ailleurs le tout premier parc public pour enfants avec des installations sur le thème des Pokemon. Le père de Satoshi Tajiri, créateur de Pokemon, est originaire de la ville de Namie, et ce parc a été mis en place afin d’aider la ville à se reconstruire après la catastrophe.

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Les Yakisoba, la spécialité locale de Namie.
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Le parc Pokemon de Michi no Eki Namie à Fukushima.

J’ai également été au restaurant La Kasse pour manger du bœuf produit dans la région d’Iitate, qui était très réputé avant la catastrophe. Enfin, j’ai pu découvrir le travail de quelques producteurs locaux, tels que les vignobles de Kawauchi Wine et les excellentes bières artisanales de Hop Japan.

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Dégustation de bœuf d’Iitate au restaurant La Kasse.
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Les bières artisanales de Hop Japan à Fukushima.

C’est ainsi que s’achève cette balade dans la partie côtière de la préfecture de Fukushima : un Japon qui a beaucoup souffert mais qui tente peu à peu de renaître de ses cendres.

Voyageur qui aime les contrastes et nuances, j'ai démarré le projet Ichiban Japan car je souhaitais faire découvrir plusieurs Japon en partant à la rencontre des Japonais. Auteur du livre "72 saisons du Japon" disponible partout (librairies, FNAC, Amazon) et en version numérique sur ce site.

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