Que faire à Hakone ?
À environ 1h20 de Tokyo, Hakone fait partie de ces destinations ultra connues, parfois même un peu trop. Classique des week-ends depuis la capitale, on l’imagine vite comme un lieu toujours bondé au sempiternel parcours que tout le monde suit toute la journée et aux prix plus élevés qu’ailleurs. Pourtant, derrière cette image lisse et très touristique, Hakone cache un visage plus riche, profond et inattendu : à travers cet article vidéo, je vous emmène donc aujourd’hui découvrir un autre Hakone, plus vivant et méconnu, tout en intégrant bien sûr les lieux cultes immanquables. L’objectif est de vous inonder de nouvelles manières de découvrir Hakone, une jolie destination aux portes de Tokyo !
Le quartier thermal de Hakone Yumoto
Porte d’entrée de Hakone, le quartier thermal de Hakone Yumoto consiste en une rue commerçante immédiatement située à la sortie de la gare. On y trouve de nombreux commerces de toutes sortes, aussi bien des adresses anciennes que de nouvelles boutiques, et des bords de rivière que l’on peut contempler depuis un pont ou posé sur les rives. L’erreur que beaucoup font est de ne pas se donner assez de temps pour apprécier Hakone Yumoto : sachez qu’on peut facilement y passer toute une journée et nuit, car il y a plein de lieux à découvrir juste aux alentours !



- La boutique Eva-ya, dédiée à Evangelion, un anime culte dont l’histoire se déroule justement dans un Hakone alternatif.
- Le marchand de glace Hakone Stella, une excellente adresse pour les amateurs.
- Le restaurant Box Burger, qui offre un cadre magistral, puisqu’il a investi une ancienne maison de geisha qui propose également un hébergement.
- Le onsen Hakone Yuryo, un établissement qui propose des bains privatifs, parfaits pour en profiter en couple ou en famille. C’est un peu cher, mais les installations sont de qualité.
- Le sanctuaire Fukazawa Zeniarai Benzaiten, un lieu méconnu et assez petit, mais qui plonge dans une belle ambiance, juste au niveau du quai de la charmante gare de Tonosawa.
- Le temple Amida-ji, un lieu secret tenu par un moine exceptionnel et adorable. On peut y faire une méditation dans la grotte du vieux sage : expérience inoubliable !
Yosegi-zaiku, l’artisanat traditionnel de Hakone


Juste à côté de Hakone Yumoto, le musée Homma Yoseki est un atelier secret où l’on peut faire une expérience de yosegi-zaiku, la marqueterie typique de la région de Hakone, née il y a environ deux siècles. Le principe : des baguettes de bois de différentes essences (camphrier, hêtre, abricotier…) taillées selon leurs couleurs naturelles, puis assemblées en motifs géométriques ultra précis : losanges, chevrons, hexagones, et variantes infinies. Ces assemblages sont ensuite découpés en fines couches, qui servent à décorer des boîtes, des plateaux, des dessous de verre, ou encore des baguettes.
Le musée Homma Yoseki propose non seulement une belle collection d’objets à admirer et à acheter, mais également une expérience très sympa pour confectionner un dessous de verre, au prix de seulement 1 450 yens (8€). On peut réserver via le formulaire de contact du site officiel du musée.
Le ryokan Fukuzumiro



Au cœur du quartier thermal de Hakone Yumoto, là où la rivière Hayakawa file entre les montagnes, se cache une jolie auberge : le ryokan Fukuzumiro. Fondé en 1890, toujours tenu par la même famille et aujourd’hui classé bien culturel tangible du Japon, il s’impose comme un véritable voyage dans le temps. Trois étages en bois sombre, escaliers qui craquent juste ce qu’il faut, toits vernissés, tatami moelleux, fusuma décorés à la main et odeur de hinoki (cyprès japonais) qui flotte depuis les bains : ce ryokan réserve un séjour dans des lieux qui ont du vécu, marqués par le temps.
Les chambres, toutes différentes, portent des noms empruntés aux saisons et à la nature. Certaines donnent sur un petit jardin intérieur où les lanternes s’allument à la tombée du jour, tandis que d’autres ouvrent directement sur le courant de la rivière. Néanmoins, il ne faut surtout pas s’attendre à un ryokan des plus confortables : il n’y a ni toilettes, ni salle de bain dans la chambre, et tout est vétuste et rustique. Ça a clairement son charme, mais l’incommodité ne plaira pas à tout le monde !
Les geisha de Hakone


C’est quelque chose de très peu connu, mais on trouve en réalité beaucoup de geisha à Hakone, cela fait même partie des endroits du pays où elles sont les plus nombreuses : Hakone compte 130 geisha qui appartiennent à une trentaine de maisons ! On peut les admirer durant des festivals ou à des événements spéciaux, mais il y a également un autre moyen, un bon plan secret que je vous dévoile : Geisha Cafe Bar Hana, un bar tenu par des geisha qui a ouvert ses portes en janvier 2025 ! Les geisha ne sont pas vêtues ni habillées comme pour un banquet, ce qui est compréhensible, mais elles proposent régulièrement des danses pour les visiteurs.
Chaque premier et troisième samedi du mois, elles proposent néanmoins un spectacle de 40 minutes avec cette fois leur revêtement de travail, c’est-à-dire maquillées et habillées d’un somptueux kimono. C’est un lieu encore totalement méconnu qui offre une belle opportunité de rencontrer de véritables geisha. Tout le monde est le bienvenu, même sans réservation !
Chokoku no Mori, le musée en plein air de Hakone


Après Hakone Yumoto, direction maintenant la zone de Gora, qui abrite plusieurs musées et plein de petits restaurants. Le musée le plus célèbre de Hakone est sans aucun doute Chokoku no Mori, le musée en plein air de Hakone. Mais ce n’est pas un musée classique : il s’agit d’un vaste parc dédié à la sculpture contemporaine. Ici, les œuvres se découvrent en marchant dans la nature, au fil de sentiers qui serpentent entre pelouses, bosquets et clairières.
Plus de 100 sculptures jalonnent le parcours. Certaines signées de grands noms (Rodin, Bourdelle, Miró), d’autres plus ludiques et colorées. On circule librement, et cette coexistence entre art et paysage fait partie du charme du lieu. Le musée comprend aussi des espaces intérieurs dont le Pavillon Picasso, remarquable par l’ampleur de sa collection de céramiques, gravures et peintures, et la collection Henry Moore, mise en valeur au milieu des pins où ses grandes silhouettes prennent une belle ampleur. Autre particularité : un ashiyu en plein air, chauffé par une source chaude locale. On peut s’y arrêter quelques minutes pour profiter du cadre tout en poursuivant la visite.
Hakone Museum of Art



Installé sur les hauteurs de Gora, Hakone Museum of Art est pour moi le musée à découvrir absolument à Hakone, bien que moins connu que les autres. Spécialisé dans les œuvres japonaises, notamment la céramique, on y trouve Shinsenkyo, un magnifique jardin japonais abritant plus de 120 variétés de mousse et une maison de thé proposant un bon thé matcha dans un cadre somptueux. Juste à côté, un petit bassin circulaire et une théière de pierre structurent l’espace extérieur et rappellent l’influence du wabi sabi dans le design du jardin. Après la promenade, un rapide passage à la boutique du musée peut valoir le détour : on y trouve des poteries locales et quelques gravures.
Owakudani, la vallée volcanique


Parmi les paysages les plus marquants et incontournables de Hakone, impossible de manquer Owakudani : une vallée volcanique encore active, formée lors de l’éruption du mont Hakone il y a environ 3000 ans. On y observe en direct les forces géothermiques de la région : fumerolles, sols sulfureux, sources bouillonnantes… et une odeur caractéristique de soufre dès la sortie du téléphérique. Le site est très facile d’accès grâce au téléphérique qui relie Sounzan au lac Ashi, et constitue une attraction en soi. Dès l’arrivée à la station, on profite d’un panorama impressionnant sur les crêtes volcaniques et, par temps dégagé, sur le mont Fuji qui se dessine en arrière-plan. Owakudani est aussi connu pour ses kuro tamago, les œufs noirs cuits dans les sources chaudes. Leur coquille se teinte naturellement de noir à cause des minéraux présents dans l’eau. Selon une vieille croyance locale, en manger un prolongerait la vie de 7 ans.
Le sanctuaire Hakone-jinja


Au bord du lac Ashi, le sanctuaire Hakone-jinja est le lieu spirituel le plus emblématique de la région. Fondé au VIIIe siècle, il est niché dans une forêt de cèdres, le bâtiment principal apparaissant presque comme un secret dévoilé. Le sanctuaire est surtout connu pour son grand torii flottant sur le lac Ashi. Depuis quelques années, ce grand portail vermillon est devenu un véritable symbole de Hakone, et de nombreuses personnes font constamment la queue devant afin de se photographier en dessous. Si c’est ce que vous souhaitez également faire, sachez que l’attente peut parfois prendre près d’une heure.
Le ryokan de luxe Hatsuhana


La venue à Hakone est très souvent motivée par l’expérience d’un onsen, et pour cela, il serait dommage de se contenter d’un établissement basique. Hakone est une destination assez chère par rapport aux autres villages thermaux, mais on y trouve de beaux établissements luxueux, abritant généralement plutôt de somptueux onsen privatifs que de grands bains en extérieur. Pour cela, le ryokan Hatsuhana est une adresse exceptionnelle et très confortable, proposant des chambres disposant toutes d’un bain privé en extérieur. Il y a également 4 bains privatifs que l’on peut réserver sans supplément, ainsi qu’un grand bain extérieur accessible via un petit funiculaire privé. Le style est contemporain, avec des codes inspirés des ryokan traditionnels : quelques tatami, de belles boiseries, une large ouverture sur la nature environnante. On est dans une atmosphère calme, pensée pour le repos complet. Les repas kaiseki sont excellents et mettent en valeur les produits de saison et l’esthétique japonaise de la table, ce qui fait partie intégrante de l’expérience. Les prix sont bien sûr élevés, autour de 140,000 yens la nuit pour 2 personnes avec dîner et petit-déjeuner, mais l’expérience est soignée et merveilleuse.
Hata-juku et l’ancienne route du Tokaido



On parle souvent de la Nakasendo, la route qui reliait autrefois Edo à Kyoto sur laquelle on comptait 69 stations pour se ravitailler, se divertir et se reposer… Eh bien, ce n’était pas la seule grande route, il y avait également le Tokaido, qui reliait Edo à Kyoto en longeant la côte. Hakone-juku, c’était la 10e des 53 stations du Tokaido, et encore aujourd’hui on peut emprunter cette route légendaire et marcher sur les traces des Japonais d’autrefois.
Au sud du lac Ashi, le village de Hata-juku constituait l’une des étapes où voyageurs, commerçants et daimyo faisaient halte avant d’attaquer les pentes escarpées de Hakone. Aujourd’hui, certains tronçons de l’ancienne route ont été conservés et restaurés : chemins pavés de pierres, vieux cèdres alignés et bornes de distance historiques donnent un aperçu très concret de ce qu’était le voyage à pied il y a deux siècles. Le charme du lieu est justement dans sa simplicité historique. Pas de mise en scène spectaculaire, mais le sentiment d’être au bon endroit pour imaginer les cortèges du passé. Hata-juku rappelle aussi une tradition artisanale typique d’Hakone : le yosegi-zaiku, dont on trouve encore aujourd’hui des ateliers dans le village. Ma recommandation dans le coin est sans hésiter le restaurant Kikyoya, spécialisé dans les soba et tenu par un couple adorable.
En continuant le long du Tokaido, l’arrêt obligatoire est le salon de thé Amazake Chaya, datant d’il y a plus de 400 ans et toujours tenu par la même famille depuis 13 générations. La recette de l’amazake, cette boisson japonaise unique, souvent réalisée avec les restes de riz ayant servi à faire du sake, est restée la même depuis plusieurs siècles.
Hakone Sekisho, l’ancien poste de contrôle de Hakone


Hakone était une station située sur la route du Tokaido, mais c’était aussi et surtout l’un des endroits le plus redoutés du pays car on y trouvait le Hakone Sekisho, le poste de contrôle de Hakone. Durant l’époque d’Edo (1603-1868), le Japon était gouverné par la dynastie shogunale des Tokugawa, qui avait réussi à unifier le pays. Et pour éviter tout risque de trahison ou complot, les seigneurs des différents domaines du pays étaient contraints de se rendre à Edo environ tous les deux ans pour y vivre un an avant de retourner dans leur province. Le shogun pouvait donc les avoir près de lui, les affaiblir avec ces voyages très coûteux qui étaient à leur charge, et en plus les familles des seigneurs restaient constamment à Edo et constituaient donc des otages dans une prison dorée. La route du Tokaido était donc énormément empruntée par les seigneurs, et il y avait des points de contrôle pour sécuriser la route, mais aussi pour empêcher la fuite des familles des seigneurs. Juste à côté d’Edo, le poste de contrôle de Hakone était l’un des plus stricts et redoutés ! C’est d’ailleurs le sujet d’un épisode de l’anime Samurai Champloo que je vous invite à regarder !
Narukawa Art Museum


Tout près du lac Ashi, le Narukawa Art Museum propose une approche contemporaine de l’art japonais. Ouvert en 1988, il s’est spécialisé dans le nihonga, un courant de peinture qui utilise des pigments naturels et perpétue des techniques traditionnelles tout en abordant des thèmes modernes. Les œuvres exposées changent régulièrement, ce qui fait du musée un lieu qui se redécouvre facilement. Le bâtiment, conçu en terrasse, profite pleinement de sa vue sur le lac Ashi. Depuis la grande baie vitrée ou la terrasse panoramique, on aperçoit le torii du sanctuaire Hakone-jinja et, par temps clair, la silhouette du mont Fuji : une carte postale presque parfaite qui accompagne la visite. Les salles ne sont pas nombreuses, mais leur circulation est très agréable : on passe d’un espace intimiste consacré aux paysages à un autre dédié aux motifs floraux, toujours dans une atmosphère calme et concentrée. Quelques œuvres d’artistes internationaux complètent le parcours, mais le musée met clairement en avant la création japonaise. Pour faire une pause, un petit salon de thé se trouve du côté de la terrasse et une boutique juste à la sortie propose des affiches et articles liés aux expositions.
Sengokuhara et le temple Choan-ji


Au nord de Hakone, Sengokuhara offre un décor très différent du reste de la région. Ici, les forêts denses laissent place à de grandes prairies ouvertes, traversées par des sentiers. Durant l’automne japonais, les champs de susuki, l’herbe de la pampa japonaise, deviennent l’une des images les plus emblématiques de Hakone : une vaste mer de tiges dorées qui ondulent au vent, attirant autant les photographes que les randonneurs.
Ce coin moins connu de Hakone propose plusieurs promenades intéressantes, comme par exemple le temple Choan-ji, niché dans un écrin de verdure, qui constitue une merveilleuse pépite secrète. Ce temple zen abrite une collection d’innombrables statues et un jardin boisé qui se parcourt dans une ambiance enchanteresse. Le lieu est simple, chaleureux, avec une atmosphère qui encourage naturellement à ralentir et à profiter du moment.
Les autres endroits à voir à Hakone


Comme je viens de vous le montrer à travers cet article vidéo, Hakone a déjà de quoi bien remplir un séjour de 3 jours et 2 nuits. Mais la région réserve également toute une série de découvertes complémentaires, qui renforcent encore l’intérêt d’y passer plusieurs jours :
- Hakone Glass no Mori, un musée inspiré par l’art du verre vénitien, qui propose un jardin original ponctué d’installations étincelantes. On peut également y faire une expérience de décoration de verre.
- Le ryokan Shiunso, situé à Hakote Yumoto, qui offre une belle ambiance en bord de rivière et propose un service chaleureux et attentionné.
- Pola Museum of Art, un musée dissimulé dans la forêt de Sengokuhara, qui présente une très belle collection de peinture européenne et japonaise dans une architecture contemporaine ouverte sur la nature.
- Le sanctuaire Hakone Mototsumiya-jinja, un lieu somptueux et peu connu, qui invite à prendre un téléphérique pour se retrouver face à un bâtiment d’une beauté sobre et épurée et une vue imprenable sur la région.
Montagnes, onsen, artisanat traditionnel, art contemporain et sites historiques : Hakone offre un concentré d’expériences à 1h30 Tokyo. On y trouve autant de raisons de s’émerveiller que de se reposer, dans une région qui se découvre très facilement et qui ne cesse de se renouveler selon les saisons. N’hésitez pas à écrire un petit commentaire si cet article vous a aidé, et pour plus de découvertes, vous pouvez lire mes autres articles sur la région de Chichibu et sur les quartiers incontournables de Tokyo !










Thanks for the article. It give a very complete view of the area. We are planning a car trip in the area in July :)
Une nouvelle vidéo du finito de Youtube !
Une belle bouffée d’air frais !
Merci Guigui