LE JAPON EN AVRIL

Après un mois de mars marqué par la douce attente des cerisiers, c’est désormais le mois d’avril qui pointe le bout de son nez et amène avec lui le début d’une nouvelle année fiscale au Japon. Si le début du mois se vit sous le roses des sakura, le reste réserve également de très belles découvertes.

LE JAPON SOUS LES CERISIERS

Le mois d’avril commence de la même manière que mars s’est achevé : sous la féerie des cerisiers en fleurs. Nul besoin de se rendre dans des lieux célèbres : les sakura sont littéralement partout, et chaque recoin banal devient particulièrement saisissant durant cette période. La floraison des cerisiers s’étend généralement de fin mars (autour du 20-22 mars) jusqu’à début avril (autour du 5-6 avril) dans la majeure partie du pays, mais elle intervient une ou deux semaines plus tard dans les régions montagneuses et au nord du Japon.

japon sakura
Le Japon sous les cerisiers.

QUAND IL N’Y EN A PLUS, IL Y EN A ENCORE DANS LE NORD

Lorsque la floraison des cerisiers est déjà passée et qu’il ne reste que des feuilles vertes, ce n’est pas encore le temps de pleurer leur disparition : on peut revivre le même émerveillement en se déplaçant au nord du Japon. Les cerisiers de la région du Tohoku et de Hokkaido sont en floraison jusqu’à début mai ! Surtout, ce sont des coins beaucoup moins prisés par les touristes, donc on peut encore mieux apprécier la beauté du spectacle et plus facilement se lier avec les locaux.

ashino koen
Le nord du Japon réserve toujours de belles surprises !

Direction donc la préfecture d’Aomori pour visiter le château de Hirosaki, un des endroits les plus célèbres en cette période, comptant des centaines de cerisiers pleureurs et accueillant chaque année un festival des cerisiers. Le parc est superbe, on peut se régaler dans les stands de nourriture, et il y a également plein de petits cafés charmants dans la ville.

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Les cerisiers pleureurs du château de Hirosaki.

Mais ma grosse recommandation est le parc Ashino Koen, dans la ville de Goshogawara, à 1 heure de route de Hirosaki. C’est un lieu féerique qui voit régulièrement passer des petits trains au milieu de centaines de cerisiers. Il y a également des stands de nourriture et une ambiance très chaleureuse et locale.

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Le parc Ashino Koen à Goshogawara.

Juste à côté de ce parc, il ne faut pas manquer l’un des plus beaux sanctuaires du Japon : le sanctuaire Takayama Inari-jinja et sa centaine de Torii alignés. Un plaisir de les parcourir et de profiter de la vue en hauteur.

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Le chemin de Torii du sanctuaire Takayama Inari-jinja.

De l’autre côté de la préfecture d’Aomori, la ville de Towada accueille chaque année un festival particulier : Sakura Yabusame, une compétition de Yabusame, une discipline martiale de tir à l’arc à cheval qui remonte à plus de 1 000 ans. La particularité de cet événement est le fait qu’il ne mette que des femmes en compétition, cet art martial était généralement réservé aux hommes. Sous des dizaines de cerisiers, on voit défiler à toute allure les participantes vêtues d’un superbe costume qui tentent d’atteindre les 3 cibles sur leur chemin.

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Sakura Yabusame Matsuri à Towada.

LA SAISON DES YAEZAKURA

Juste après la floraison des cerisiers, il ne faut que quelques jours pour qu’un autre spectacle prenne le relais : celui des yaezakura, les cerisiers tardifs. Il s’agit de plusieurs variétés de cerisiers pouvant prendre différentes couleurs (blanc, rouge, rose, vert ou jaune) et ayant le point commun de compter plus de pétales de les cerisiers classiques (somei yoshino) et de fleurir environ 1 ou 2 semaines après. Les fleurs forment des petites boules volumineuses qui sont certes moins impressionnantes que les sakura, mais réconfortent un peu après le pic des cerisiers.

Certains lieux sont célèbres pour leurs yaezakura et s’accompagnent d’un festival, comme par exemple le parc Shinjuku Gyoen à Tokyo, ou encore le parc Shizuminefurusato Koen, dans la préfecture d’Ibaraki.

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Yaezakura Matsuri au parc Shizuminefurusato Koen.

LA SAISON DES AZALÉES

Une dizaine de jours après la fin de floraison des cerisiers, les azalées et leurs multiples couleurs tentent de faire oublier le rose des sakura ! On les retrouve partout de mi-avril à début mai : sur le bord des routes, dans les parcs et jardins, ou encore dans certains temples ou sanctuaires qui organisent un festival pour l’occasion. C’est par exemple le cas du sanctuaire Nezu-jinja à Tokyo, qui propose tout un espace dédié aux azalées, ainsi qu’une quinzaine de yatai pour se régaler.

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Les azalées au sanctuaire Nezu-jinja à Tokyo.

Toujours appartenant à la préfecture de Tokyo, mais tout à l’Ouest, le temple Shiofune Kannon-ji accueille chaque année des milliers de visiteurs venant admirer ses nombreuses azalées qui s’étendent sur les hauteurs du temple.

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Les azalées du temple Shiofune Kannon-ji

Dans la préfecture de Fukui, le parc Nishiyama Koen, situé dans la ville d’Echizen, régale les pupilles des visiteurs grâce à ses milliers d’azalées qui offrent de merveilleux points de vue sur les environs. Le week-end, on y retrouve des stands de nourriture et une belle animation locale.

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Les innombrables azalées du parc Nishiyama Koen à Echizen.

LA SAISON DES GLYCINES

Le mois d’avril est bien trop animé au Japon : il y a tellement de choses à voir qu’on manquerait presque de jours pour bien en profiter ! Quasiment en même temps que les azalées, les glycines offrent un superbe spectacle de mi-avril à début mai sur l’archipel. Fleur très appréciée par les Japonais, on la retrouve en nombre dans les parcs, jardins, temples et sanctuaires, et elle est au centre de l’attention avec des festivals qui sont organisés en son honneur.

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Festival des glycines au sanctuaire Kameido Tenjin à Tokyo.

C’est par exemple le cas au sanctuaire Kameido Tenjin à Tokyo, l’un des lieux les plus prisés de la capitale en cette période, ou encore au sanctuaire Kasama-jinja, dans la préfecture d’Ibaraki, beaucoup plus discret quant à lui. Mais ma grosse recommandation est le parc Tennogawa Koen, dans la préfecture d’Aichi, qui régale les visiteurs avec ses innombrables glycines, ses stands de nourriture, son animation le week-end, et surtout ses illuminations nocturnes.

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Les glycines du sanctuaire Kasama Inari-jinja.
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Les illuminations des glycines du parc Tennogawa Koen.

LA DOUCEUR DE FUKUI

Le mois d’avril est l’occasion de profiter d’une myriade de couleurs grâce à des floraisons qui se suivent dans un relais qui semble sans fin, mais il constitue aussi une très belle période pour tout simplement se balader et découvrir le pays sous un beau soleil et des températures très agréables. Direction donc la préfecture de Fukui pour visiter le temple Eihei-ji, l’endroit incontournable à découvrir dans la région. C’est un grand complexe monastique composé de 70 bâtiments dans lesquels vivent environ 200 moines venus effectuer un entraînement. On peut d’ailleurs également passer une nuit dans un temple ici. Dans la rue commerçante située à l’entrée du temple, on trouve pas mal de bons restaurants, surtout spécialisés dans les nouilles soba et la shojin ryori, la cuisine végétarienne bouddiste. Le restaurant Azekawa invite ainsi à déguster de bons soba dans une ambiance à la bonne franquette comme on l’aime !

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Le temple Eihei-ji, la visite incontournable dans la préfecture de Fukui.
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Les nouilles Soba du restaurant Azekawa.

Dans la ville de Fukui (capitale de la préfecture du même nom), je recommande la visite de Yokokan, un joli jardin qui abrite une grande maison de thé. Certains jours (généralement le week-end), on peut profiter d’une dégustation dans un cadre magnifique pour 600 yens (4€).

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Le pavillon de thé de Yokokan à Fukui.
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Dégustation de thé à Yokokan.

À 20 minutes de route, les ruines du clan Ichijodani Asakura invitent les visiteurs à faire un véritable voyage dans le temps, au Japon du XVe siècle. Si une partie du village a été reconstituée, les lieux sont néanmoins assez vides, il n’y a pas grand chose à faire, mais on vient surtout pour s’imprégner de l’ambiance.

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Voyage dans le temps aux ruines d’Ichijodani Asakura.

C’est là-dessus que se termine ce mois d’avril au Japon ! Si vous voulez poursuivre le voyage avec beaucoup plus d’informations, mon livre 72 saisons du Japon est justement là pour ça ! :)

Voyageur qui aime les contrastes et nuances, j'ai démarré le projet Ichiban Japan car je souhaitais faire découvrir plusieurs Japon en partant à la rencontre des Japonais.

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